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Questions aux Hurlements D’Léo

Publié: 2011/05/30 par unlimitymusic dans Interviews
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Unlimity Music: Bonjour, tout d’abord pourriez vous présenter le groupe ainsi que ses membres ?

HDL : Bonjour, Depuis 1996 (!), Kebous et R1, guitaristes chanteurs figures de proue, pepito à le trompette, jojo, accordéon trombone, claviers ; et la 2e génération depuis 2008 :Juju, au saxo et à la guitare, joue dans les Touffes kretiennes, tout comme Vincent au violon et sax; à la batterie, Nicolas avait déjà remplacé l’ancien batteur à l’occasion…

 

 

Unlimity Music: Comment définiriez vous le groupe ?

HDL : Nous sommes un groupe de java punk chanson caravaning.

 

 

Unlimity Music: D’où vient le nom du groupe ?

HDL : Notre nom provient de la chanson Léo par les VRP.

 

 

Unlimity Music: Quelles sont vos inspirations ?

HDL : Nos textes ont un peu évolué en 15 ans, mais pour résumer on peut dire que nous sommes un groupe concerné par les problématiques sociales et politiques du monde qui nous entoure, peut être pas engagés mais ouvertement antiraciste et antifasciste, et à ce titre là, nous sommes assez enragés par tout ce que l’on essaie de nous vendre tous les jours et partout, du consommable comme des idées soit disant démocratiques mais qui ne sentent pas très bon.

 

 

Unlimity Music: Qu’écoutez-vous dans la vie de tous les jours ?

HDL: D’abord et avant tout le punk anglais et francais sur toute la période dite « alternative » et les « grands » de la chanson francaise. Ensuite viennent le hardcore (Refused, shellac, the ex…) le hip hop francais et américain, et puis le classique, le jazz, le rock, les musiques traditionnelles et actuelles de tout les pays… Plus sérieusement, nous sommes 8 avec plein d’influences diverses, tellement qu’il serait trop long de les citer toutes, et nous n’aimons pas nous mettre de barrières, considérant que la musique peut être bonne dans tous les styles, c’est d’abord une affaire de goûts, d’émotion et d’énérgie.

S’il faut faire un morceau qui mélange hip hop mexicain et rebetiko, on est partants.

Peu de gens le savent mais nous avons fait en 2007 un album qui s’appelle la république du sauvage, avec L’Enfance Rouge, qui est un groupe d’ »avant rock » expérimental, et qui sont très éloignés de la chanson française comme on l’entend, ou même de la fanfare berlinoise…

 

 

Unlimity Music: Vous avez entamé une tournée assez longue, n’est-il pas trop dur de trouver la motivation chaque jour ?

HDL : Il nous arrive d’être fatigués comme tout le monde, je pense, mais on relativise, on a la chance de faire un métier qui nous passionne et on s’amuse entre nous et avec les gens. Du coup sur scène, la motivation vient naturellement.

 

 

Unlimity Music: Sur quelle scène avez-vous aimé jouer ?

HDL : Chaque scène a ses petits plus et ses petits moins, et on a fait à la louche pas loin de mille dates en 15 ans, donc il y en a trop, et heureusement !! Les plus marquantes qui me viennent là l’esprit tout de suite : la scène world du Sziget à Budapest, la furie du public japonais à Fukuoka, le cntre culturel français de Brazzaville…

 

 

Unlimity Music: Une petite anecdote de tournée peut-être ?

HDL: Le réveillon du jour de l’an sur scène dans un énorme festival en Australie.

 

 

Unlimity Music: Votre album « Bordel de Luxe » est plutôt bien accueilli par les webzines, que ressentez-vous quand votre travail est reconnu à sa juste valeur ?

HDL : Ça fait plaisir, même si on est mal placé pour juger de la juste valeur de notre travail…. On est exigeants avec nous même et on se savait attendus au tournant, donc on a peut être encore plus travaillé que d’habitude.

 

 

Unlimity Music: Vous avez des projets après cette tournée ?

HDL : Oui, partir en vacances. Mais avant ça, pendant la tournée, nous préparons une mini tournée avec la ruda et deux morceaux pour l’album de Francesca Solleville, une grande chanteuse.

 

 

Unlimity Music: Un dernier mot pour les lecteurs de Unlimity Music ?

HDL: Portez vous bien, tenez vous mal.

 

Propos recueillis par Jean Méchet

 

 

Rencontre avec Thin Lizzy

Publié: 2011/03/06 par lumiyuki dans Interviews
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Seulement quelques heures avant leur entrée en scène au BataclanRicky Warwick, le chanteur remplaçant du défunt Phil Lynott, nous consacre un peu de son temps pour répondre à nos questions.

Unlimity Music : Quels groupes vous ont influencés ?
Ricky : Et bien, Thin Lizzy bien entendu, mais aussi Motörhead, AC/DC, Johnny Cash, The Clash, … que des groupes cools !

Unlimity Music : Après la mort de Phil Lynott, le groupe semblait un peu égaré. Voulez-vous rester dans ce projet ?
Ricky : Oh oui bien sûr ! Pour moi c’est vraiment un honneur de pouvoir jouer ses chansons, c’est un rêve devenu réalité. Comme je l’ai déjà dit, Thin Lizzy est un de mes groupes préférés, alors je ne pouvais pas le croire quand les garçons m’ont demandé de le faire. J’en suis très heureux.

Unlimity Music : Voulez-vous enregistrer un album avec le groupe ?
Ricky : Peut être. C’est la question qu’on se pose souvent en ce moment. Je pense qu’on va faire plus de concerts cette année, en jouant de nouvelles chansons, et ensuite, si on se sent assez fière, on y pensera.

Unlimity Music : Avez-vous connu Phil ?
Ricky : Non, malheureusement.

Unlimity Music : Qu’est ce que vous en pensiez ?
Ricky : Je pense que c’était, probablement, l’un des hommes les plus fantastiques du rock’n roll. Je pense qu’il avait tout : un look très défini, il était un excellent musicien, un excellent chanteur, il écrivait de belles paroles, … Il était incroyable pour ça. J’aimais cet homme.

Unlimity Music : Ce n’est pas trop difficile de passer du heavy métal avec The Almighty, à du rock plutôt old school avec Thin Lizzy ?
Ricky : Bien, pas vraiment. Car je suis assez polyvalent, avec The Almighty je criais, mais là, c’est agréable de chanter, de poser sa voix un peu comme un crooner.

Unlimity Music : Pourquoi avoir arrêté The Almighty ?
Ricky : On est allé aussi loin qu’on le pouvait, on a pris du bon temps, on devait prendre des chemins différents. Mais on ne s’est pas quitté en mauvais termes !

Unlimity Music : Avez-vous d’autres projets solo ?
Ricky : J’ai déjà fait 3 enregistrements en solo, et je vais en faire un 4ième quand on aura terminé la tournée avec Thin Lizzy. Je n’ai pas encore eu le temps de l’enregistrer, mais j’aime travailler en solo également, et j’espère continuer autant que je le pourrai.

Unlimity Music : Que pensez-vous du rock aujourd’hui ?
Ricky : Je pense qu’il est plutôt bon, il y a des bons groupes, le rock est toujours en bonne santé ! Il y aura toujours des gens qui en écoutent, qui vont voir les concerts. Je pense que notre métier change avec la technologie, mais à mon avis, il y aura toujours des personnes qui voudront voir un bon concert.

Unlimity Music : Votre carrière est plutôt longue. Quel serait votre meilleur souvenir ?
Ricky : Je pense que ça serait mon travail avec Thin Lizzy, c’est un rêve, le groupe est revenu. C’est une grande opportunité, et on passe du bon temps.

Unlimity Music : Et le pire ?
Ricky : Hum, je pense que ça serait le travail avec les maisons de disques, mais je suis sûr que c’est dans tous les groupes la même chose. Par expérience, c’est quelque chose que je n’aime pas.

Unlimity Music : Quel est votre album préféré avec The Almighty ?
Ricky : Crank, c’était nos meilleurs jours avec le groupe, on était unis. Je pense que c’est le meilleur CD qu’on ait fait, et le plus fort !

Unlimity Music : Sur quelle scène avez-vous aimé jouer ?
Ricky : Au Milton Keynes, je jouais avec The Almighty avec Metallica, c’était fantastique ! Mais à Los Angeles. Ici aussi, j’ai beaucoup de bons souvenirs, et c’est vraiment ce que je recherche en étant ici.

Unlimity Music : Sur laquelle aimeriez-vous jouer ?
Ricky : J’ai eu la chance d’être allé un peu partout dans le monde, mais si je devais choisir, je dirai sûrement la Russie.

Unlimity Music : Que pensez-vous du public français ?
Ricky : Il est génial ! J’ai toujours passé de très bons moments ici, et c’est également ce que je recherche.

Unlimity Music : Un mot pour vos fans français ?
Ricky : Merci pour votre soutient, pour croire en nous ! Venez nous voir !

Interview réalisée par Deborah Nouet

Pour plus d’informations :

Unlimity Music : Pouvez vous présenter le groupe ainsi que tous les membres ?

Ben : Memories of a Dead Man est un groupe de post-hardcore/metal ambiant formé en 2006 à la base de morceaux que j’avais fait et rejoins de suite par Julien le batteur.

Il reste de la formation d’origine, Ben : guitare/composition – Julien : batterie/voix – Damien : basse/sample depuis 2 ans avec nous.

Julien : Et nous venons d’intégrer 2 membres, Tony à la guitare/chant et Thomas au violoncelle/piano/sample.

Unlimity Music : Comment vous êtes vous formés ?

Ben : Comme dis précédemment de notre rencontre artistique (entre Julien et moi).

Julien : Ben recherchait des musiciens pour son projet, ce qu’il m’a fait écouter à l’époque m’a tout de suite plu, par la suite d’autres personnes sont arrivées, parties… la vie classique d’un groupe quoi !

Unlimity Music : Quelles sont vos inspirations ?

Ben : Assez vastes, ça va autant des musiques de film que de choses que l’on peut lire et voir, c’est plus en fonction de notre état d’esprit et de ce que l’on a envie d’entendre et de ce que l’on ressent que les morceaux peuvent se développer. Puis les groupes que l’on apprécie vraiment nous inspirent également directement ou indirectement.

Julien : On écoute tous pas mal de choses différentes : Tool, APC, Underoath, Mastodon, Norma Jean, …

Unlimity Music : D’où vient le nom du groupe ?

Ben : Après avoir longuement proposé des tonnes de noms on est resté sur celui-ci qui correspondait aux thèmes des textes qui sont très souvent autour de l’homme; de ses failles, ses troubles, sa psychologie bref le parcours mental qu’un être humain peut rencontrer et développer tout au long d’une vie.

Julien : On voulait un nom en rapport avec la mémoire, et on s’est dit qu’à la fin de sa vie, la somme de souvenir d’un être humain est colossal … chargée d’émotions, de peine, de joies …

Unlimity Music : Unlimity Music a récemment écrit une petite chronique sur votre EP « Maze » qu’en avez vous pensez ?

Ben : On l’a trouvée plutôt juste et bonne donc rien a dire de plus que vous sur le sujet. On écoute l’avis des critiques mais même si il est arrivé peu de fois quelle soit négatives, on a notre opinion de ce que l on fait et de comment le développer comme une critique diras qu’elle préfère cela ou cela dans le disque la critique suivante dira l’inverse donc l’avis n est que suggestif et personnel quelque part !!!

Mais votre critique est juste en tout cas…

Julien : C’est difficile de répondre à ce genre de questions… Les critiques positives comme négatives sont toutes bonnes à prendre à partir du moment où le chroniqueur est impartial !

Unlimity Music : Faire venir des « gros » noms de la scène rock et métal française ça n’a pas été trop compliqué ?

Ben : Vraiment pas plus que ça. Pour Thomas ça c’est fait par ce que l’on se connaissait déjà un peu et qu’AqME apprécie Memories et inversement et pour Yann par ce qu’on apprécie Klone et sa voix vraiment, et que lui a accroché sur le titre.

Julien : Tout s’est fait naturellement en fait, Alex de The Prestige est un pote avec qui on avait envie de bosser depuis longtemps. On a contacté Yann de Klone car on adore tous sa voix, et le projet l’a emballé. On a contacté Thomas d’AqME par le biais de Julien (AqME aussi) qui a tout de suite accepté. Et Mike Armine est un artiste que l’on aime beaucoup également et qui a tout de suite accroché au morceaux.

Unlimity Music : Pensez-vous qu’il y a une certaine entente entre les groupes de cette scène justement ?

Ben : Oui beaucoup de groupes sont très potes la scène française est petite en fait. Donc se rencontrer ,se croiser, se parler est assez facile finalement. Moi je suis très pote avec The Arrs depuis 10 ans, les groupes du collectif Karoshi et la nouvelle scène screamo/djent.

Julien : Je pense que très peu de groupes ont une entente « franche ». On s’entend vraiment bien avec The Prestige, AqME, Proletaria …

Unlimity Music : Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Ben : Pour l’année 2011 on va développer au maximum cet EP car les retours sont très encourageants pour le moment : tournage de clip(s)… quelques concerts par-ci par-là, plus une petite tournée si tout va bien fin du 1er semestre 2011, puis la préparation du second album qui est en cours de composition.

Unlimity Music : Merci beaucoup pour cette interview et bon courage pour la suite de votre carrière que j’espère longue.

Ben : Merci à toi et nous espérons la même chose pour nous et pour vous !!!

Julien :  Merci beaucoup à toi !

Propos recueillis par Jean Méchet

Quelques questions pour Astings

Publié: 2011/02/17 par unlimitymusic dans Interviews
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Unlimity Music : Pouvez vous présenter le groupe ainsi que tous les membres ?

Astings : Astings est un groupe de rock tout ce qu’il y a de plus banal au départ : une rencontre au Havre pendant les études puis nos premiers concerts dans des salles underground normandes et parisiennes. On a mis un peu de temps avant de livrer un premier album (« The Return Of The Swinging Monkeys » – 2009) et c’est vrai que cette sortie et toutes les expériences qui l’ont accompagnée ont marqué une grosse étape dans notre vie de groupe.

Le bilan était assez positif, mais on s’est posé beaucoup de questions en découvrant les réalités du music business… Au final, on joue notre musique sans se prendre la tête plus que ça et le line-up s’est stabilisé sur une formule à quatre :

Guillaume au chant, Pierre à la guitare et aux choeurs, Ben à la basse et aux choeurs, Yann à la batterie

Unlimity Music : Comment vous êtes-vous formés ?

Astings : Tu veux dire musicalement ? Guillaume joue du piano depuis l’âge de 2 ans, Yann a été élevé au gré des tournées par ses parents musiciens et nous sommes tous diplômés de Berklee College of Music ! 😉

Non non, rien de tout ça! Encore une fois c’est plutôt banal, même si certains d’entre nous sont passés par la case conservatoire, on a surtout appris sur le tas et de préférence sur scène. On commence à avoir de l’expérience à ce niveau et je pense que c’est la meilleure école quand tu fais du rock !

Unlimity Music : Quelles sont vos inspirations ?

Astings : On s’est toujours senti proches de la scène anglo-saxonne, avec des modèles comme Pink Floyd, les Kinks ou les Beatles, mais les nouveaux titres sonnent de plus en plus indie rock US à la Black Rebel Motorcycle Club, Dandy Warhols, Nada Surf, Kings of Leon…

Il y a beaucoup de musiques qui coulent dans nos veines, ça nous influence, mais de façon inconsciente…

Le thème de notre prochain album s’attaque à la notion de « finitude », chère aux philosophes, et on s’inspire davantage des petites choses de la vie, du cinéma, de bouquins… que du groupe rangé à côté de nous à la Fnac !

Unlimity Music : CQFD a dit que vous donniez un coup de vieux à Oasis, comment prenez vous ce compliment ?

Astings : Oasis est un groupe qu’on affectionne particulièrement et la comparaison nous flatte bien sûr !

Mais avec le temps, on a l’impression qu’Astings a gagné en personnalité et se détache de cette référence… Le timbre de voix de Guillaume reste assez proche de celui de Gallagher, alors on espère éviter le parallèle avec Beady Eye pour le 2e album! (mais on est pas contre faire leur 1ere partie!)

Unlimity Music : Lorsqu’on lit les critiques d’autres médias, on voit que vous avez une certaine côte de sympathie, qu’est ce que vous ressentez ? Un peu (beaucoup ?) fiers ?

Astings : Oui, on est nous-mêmes surpris du bon retour des médias, à l’heure où certains sont de véritables régies publicitaires, ça fait plaisir de voir que les portes ne sont pas complètement fermées aux artistes indés !

Malheureusement la musique traverse une telle crise que ça ne suffit pas pour se faire connaître et notre philosophie du « Do it Yourself » a atteint ses limites… Alors on cherche à se donner plus de moyens et on a plus peur de faire appel à l’extérieur. Par exemple, on vient de lancer un partenariat avec le site www.kisskissbankbank.com pour financer la sortie de l’album, on cherche aussi un éditeur pour placer nos titres en synchro, un tourneur…

Unlimity Music : Chose peu commune, l’un de vos chansons a été entendue sur le clip du Modem durant les élections européennes, pensez vous que rock et politique peuvent faire bon ménage ?

Astings : C’est eux qui nous ont contacté et passé commande quelques jours avant les élections européennes! A vrai dire, on se fout pas mal de la politique dans nos compositions mais c’était marrant à faire: on avait peu de temps et on a dû s’enfermer 48h en studio pour composer, enregistrer et mixer le morceau. On a ensuite eu plus de mal pour récupérer nos droits, mais c’est une autre histoire…

Unlimity Music : Que pensez vous des nouveaux groupes de rock français ?

Astings : Le rock n’a pas beaucoup de place en France alors qu’il y a un public qui s’identifie et s’intéresse vraiment au mouvement. On ne fréquente pas plus que ça cette nouvelle scène alors on ne va pas dire de bêtises… Mais c’est une bonne chose de voir la percée de certains groupes comme Archimede, Soma, Gush, Molly’s… et à une autre échelle Phoenix.

Unlimity Music : Vous allez de nouveau entrer en studio pour un deuxième album, pas de stress à l’horizon ?

Astings : On essaie de mettre à profit l’expérience des premiers enregistrements afin d’éviter certaines erreurs en studio, mais même quand tu t’y prends à l’avance, avec préparation et méthode, le temps passe vite et tu n’es pas à l’abri d’une surprise!

La production s’étale sur près de 9 mois entre la composition, la pré-prod, l’enregistrement, le mix, mastering… C’est beaucoup de boulot et on a hâte d’accoucher!

On a la chance d’enregistrer dans les studios de Z Factory Records, notre label puis de faire le master à Sterling Sound (NYC). Ce sont de gros moyens pour un groupe indé… Le projet est ambitieux et des gens nous soutiennent, c’est ça qui met le plus de pression!

Unlimity Music : Pour finir, après cet album, quels sont vos projets ?

Astings : Tourner principalement… C’est en live qu’on prend le plus de plaisir et qu’on fait le mieux notre promo ! En 2011 on se concentre sur la France, mais le booking est très difficile… pour des plans pas toujours réjouissants ! On vise surtout les festivals qui restent le moyen de toucher beaucoup de monde d’un coup, avec de bonnes conditions techniques (on fait de la musique de stade maintenant !).

On devrait tenter de s’exporter en Belgique, Grande Bretagne, Espagne en 2012… Mais un objectif à la fois!

Unlimity Music : Merci beaucoup pour cette interview.

Astings : Merci à vous et longue vie à Unlimity Music ! N’oubliez pas de nous soutenir sur KissKissBankBank ! 😉

Un groupe sympathique qui mérite bien mieux donc soutenez les au maximum !

Propos recueillis par Jean Méchet

Questions à Rise of Echoes

Publié: 2011/02/16 par unlimitymusic dans Interviews
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Unlimity Music : Pouvez-vous présenter le groupe ainsi que ses membres?

Rise of Echoes : Pour faire une présentation rapide du groupe, nous sommes 6, dont deux guitares (Niko et Burns), un batteur (Nyto), un bassiste (Julien), un DJ (Vali DJ raidho) et un chanteur (Duham). Niko et Vali appuient pas mal Duham au chant. Nous évoluons dans un registre alternatif, post hardcore et metal.

Unlimity Music : Comment s’est formé le groupe ?

Rise of Echoes : Le groupe s’est formé en 2008 grâce à un de nos potes (Yann). A la base de la formation, Rise ne comptait que 4 membres, Niko, Burns, Yann et Nyto. Plus tard nous nous séparons de Yann et Julien, Duham et Vali viennent compléter la formation.

Unlimity Music : Quels groupes vous inspirent ?

Rise of Echoes : Il est difficile de répondre à cette question. Nous écoutons tous des choses très différentes, en passant par le hardcore, le rock, le hip-hop, l’electro et le drum and bass. Mais il est clair que le projet a débuté dans la veine de groupes tels que Devil Sold His Soul, Deftones, Underoath ou encore Poison The Well. A l’heure d’aujourd’hui les choses évoluent davantage sur la compo et Vali et de plus en plus présent.

Unlimity Music : Vous êtes en autoproduction, n’est ce pas trop compliqué pour vous cette situation ?

Rise of Echoes : L’autoprod n’a pas été un choix évident. Dans un premier temps, nous avons voulu s’enregistrer de cette façon pour apprendre. Nous avons donc tout appris sur le terrain et nous apprenons encore et toujours. L’idée étant de pouvoir être complétement autonome via les enregistrements, en tout cas dans un premier temps. Au final, l’EP a été enregistré, mixé et masterisé par Nyto et le reste de Rise. Nous sommes très fier du rendu étant donné que nous partions de rien. Le prochain skeud sera encore plus ouf, on est bien décidé à mettre en avant une très bonne production pour défendre nos titres.

Unlimity Music : Votre premier EP est sorti, quelles impressions avez-vous lorsque vous l’écoutez ? Et quels sont les retours des auditeurs ?

Rise of Echoes : Nous sommes très content quand nous l’écoutons et/ou quand l’occasion de l’écouter à la radio se présente (le mouv’, Killer on the Loose, Radio Rock’One). On a bosser longtemps dessus et on travail encore dessus pour le faire vivre davantage. Au niveau des retours, nous nous attendions pas à autant de compliments. La plupart des chroniques sont très bonnes et les avis des gens qui nous écoutent sont très bon aussi. Les points noirs qui ressortent le plus souvent concernent essentiellement la qualité de la production. Là ou on a de la chance, c’est que les gens ne s’arrêtent pas à ça mais prennent le temps d’écouter les morceaux, peut être plus que la prod. On ne le dira jamais assez mais merci à vous tous.

Unlimity Music : Quels sont votre projets pour l’avenir ? Concerts ? Autre EP aussi peut-être ?

Rise of Echoes : L’EP est sorti en mai 2010, depuis on enchaine les concerts avec plein de groupes extraordinaires qu’on ne manque pas de saluer (Holding Sand, We Go Over Fences, Aphrodite’s Baby, we.all.fall, Keira Mount Keira notamment). Notre prochaine date sera le 10 avril au Batofar à Paris. A l’heure actuelle, l’EP a été téléchargé environ 450 fois et nous avons distribué pas loin de 200 CDs pendant les lives ! Nous sommes plus que ravis du résultat et nous travaillons sur les prochains morceaux de notre prochains CD. On vous tiendra au courant de la suite des évènements.

Merci Unlimity Music.

Un grand merci à ce jeune groupe à qui l’on souhaite le meilleur pour la suite de leur carrière.

Propos recueillis par Jean Méchet

Retrouvez la chronique de « Rise of Echoes ».

Rencontre avec les cordes de Stratovarius

Publié: 2011/01/23 par lumiyuki dans Interviews
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Le groupe Stratovarius au complet

C’est derrière la salle de l’Élysée Montmartre que Lauri Porra décide de répondre à nos questions, quelques heures à peine avant le concert de Helloween, dont ils devaient faire la première partie (annulée en raison d’une maladie contractée par le chanteur : Timo Kotipelto) après le groupe Trick Or Treat.

Unlimity Music : Pouvez-vous vous présentez ainsi que votre groupe ?

Lauri : Je suis Lauri de Stratovarius, un groupe de métal.

Unlimity Music : Quels groupes vous a inspirés ?

Lauri : Pleins de groupes !! De tous les styles. Bien entendu des groupes de métal aussi.

Unlimity Music : Vous pouvez en nommer ?

Lauri : J’ai été influencé par pas mal de groupe comme Deep Purple, … Mais vous savez c’est difficile de citer des groupes, car la musique est surtout influencée par la vie et nos expériences.

Unlimity Music : Quel album avez-vous préféré enregistrer ?

Lauri : Je ne sais pas trop, quand on enregistre un album pour moi c’est une priorité. Ce que je préfère c’est travailler pour faire le meilleur travail possible. Je ne regarde rarement en arrière. Pour moi, le plus important c’est toujours le dernier album.

Unlimity Music : Jusqu’à maintenant, quel est votre meilleur souvenir avec le groupe ?

Lauri : Je ne sais pas, les concerts sûrement. Quand on joue ensemble, qu’on s’amuse … Maintenant, avec Matias on prend du plaisir à jouer.

Unlimity Music : Pouvez- vous nous parler de votre dernier album « Elysium » ?

Lauri : Oui, c’est une sorte de continuation de « Polaris », c’est un peu plus sombre, et maintenant que nous avons un autre finlandais, le groupe est plus complet, on peut jouer comme un groupe. On a fait des progrès.

Unlimity Music : Aviez-vous un concept défini avant l’enregistrement de l’album ?

Lauri : Non pas vraiment, ce n’est pas trop un album à concepts, on faisait les chansons et voilà.

Unlimity Music : Le chant semble devenir plus important dans vos chansons, pourquoi ?

Lauri : Je ne dirais pas qu’elle est plus importante que dans les précédents albums, pour moi ça a toujours été important.

Unlimity Music : Les mélodies semblent être plus travaillées. C’est un moyen de reconquérir des fans ou est-ce que c’est juste une nouvelle trajectoire dans votre carrière ?

Lauri : Je pense qu’on y a passé plus de temps, on s’est plus arrêté sur les détails, et j’aime réécouter l’album car on redécouvre pleins de petites choses nouvelles.

Unlimity Music : Comment avez-vous vécu le départ de Timo Tolkki ?

Lauri : Plutôt bien ! Avant c’était une période difficile, mais maintenant on a Matias, qui s’est très bien intégré, c’est un esprit fort dans le groupe.

Unlimity Music : Que pensez-vous des nouveaux groupes de métal ?

Lauri : J’aime bien regarder ce que font les groupes, mais je n’arrive plus à savoir ce qu’est vraiment un groupe nouveau, je n’arrive pas à en citer, mais j’aimerai essayer de suivre ce qu’ils font. Je pense que le power métal apporte de la fraicheur dans le métal, il y a plus de mélodies, et c’est cela qui m’intéresse. J’aime bien entendu quand c’est plus agressif, mais moi je fais des mélodies.

Unlimity Music : Que pensez-vous du public français ?

Lauri : Il est plutôt bon, on a toujours été suivi en France. Quand on fait des tournées européennes, j’attends toujours qu’on arrive en France. Les Français ont leur propre style, et j’aime ce style, ils ont de la passion pour l’art.

Unlimity Music : Qu’est-ce que vous ressentez sachant qu’une de vos chansons (« Stratosphere ») soit dans le jeu « Guitar Heroes World Tour » ?

Lauri : Je ne savais pas ! Mais maintenant que je le sais, c’est génial !

C’est ainsi que s’achève notre interview et nous laissons Lauri fumer sa cigarette. C’est après la représentation de Trick Or Treat, que le chanteur de Stratovarius nous a annoncé avec émotion qu’il ne pourrait pas chanter, laissant beaucoup de fans très déçus, car plusieurs étaient venus uniquement pour eux. L’album « Elysium » est disponible depuis le 14 janvier dernier !

Pour plus d’informations :

Une rencontre riche d’enseignements

Publié: 2010/11/28 par lumiyuki dans Interviews
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Helloween, groupe allemand internationalement connu pour avoir inventé le speed mélodique, était de passage à Paris, pour nous présenter leur nouvel album « 7 sinners » qui est sorti en France, le 31 octobre dernier.

C’est dans un hôtel 5 étoiles du 17ème arrondissement de Paris, que nous avons eu la chance de rencontrer Andi Deris et Sascha Gerstner.

Nous avons tout d’abord commencé à questionner Sascha, en attendant Andi.

U.M. : Pouvez-vous vous présentez, ainsi que votre groupe ?

Sascha : Je suis Sascha du groupe de metal allemand Helloween, connu partout dans le monde. On fait des musiques mélodiques, pas du bruit !

U.M. : Pouvez-vous nous parler de votre dernier album « 7 sinners » ?

Sascha : « 7 sinners » est le premier vrai album de speed mélodique qu’on a fait dans notre carrière. C’est un album moins acoustique, contrairement au dernier, qui se rapproche plus du heavy metal d’où l’on vient.

U.M. : Avez-vous rencontré des difficultés lors de l’enregistrement ?

Sascha : Non, pas vraiment, tout est venu très naturellement, car on a l’habitude maintenant, vu qu’on travaille ensemble depuis plusieurs années. Je ne dis pas que c’est facile d’aller dans le studio ! Car pour moi, c’est une sorte de torture !! Je déteste ca, je préfère être en concert. C’est très fatiguant d’être en studio.

U.M. : Cela n’a pas été trop difficile d’être intégré dans le groupe ? Vous êtes plus jeune que les autres membres, vous écoutiez quoi comme musique ?

Sascha : Je suis super ouvert d’esprit quand il s’agit de musique. Si tu regardes sur mes étagères, tu y verras toutes sortes de musiques. J’écoute de tout, j’ai eu des looks différents aux fils des années. Quand on m’a dit que j’allais être un membre de Helloween, j’ai pris ce look de métalleux, mais pour moi ca n’a pas d’importance, car la musique c’est de l’art. Je ne suis qu’un artiste.

Je n’ai jamais eu de problème avec le groupe, car même si je suis plus jeune, j’ai toujours était dans des groupes plus vieux. Ce qui était dur c’était de m’ajuster à leur niveau et au style de vie : je n’avais jamais pris l’avion avant !! De plus, j’ai du m’améliorer en anglais. Ce qui est marrant, c’est que je connaissais « Helloween » part un magazine quand j’étais à l’école, et je ne faisais jamais la relation avec les tee-shirts que portaient des enfants dans la rue.

Avant je jouais pour un groupe «Freedom Call » et un jour j’ai reçu un coup de fils me disant : «eh mec qu’est ce que tu fais ? Es-tu prêt à jouer du heavy metal ?? Parce qu’il y a un groupe qui cherche un guitariste. » et je n’ai même pas eut le temps de réfléchir, car quelques minutes après Michael m’a appelé pour qu’on se rencontre. J’ai donc passé 4 semaines à Tenerife (endroit où vit le groupe), où on a discuté, raconter des conneries, et absolument pas jouer de la guitare !! J’ai vraiment réalisé que j’étais dans le groupe quand on a du faire le photo shoot pour l’album. Cela fait déjà 7 ans que je suis dans le groupe !

U.M. : Pourquoi avez-vous choisi de jouer de la guitare ?

Sascha : J’ai été influencé par mon oncle qui en jouait, et je l’admirais. Je voulais exprimer mes sentiments, et c’est cet instrument qui me représentait le plus.

U.M. : Vous êtes également photographe. Avez-vous l’intention de faire des photos pour le groupe ou une jacket pour un album ?

Sascha : J’en ai déjà fait, mais elles ne sont pas connues. Ce que j’aime en tant que photographe, c’est que je peux choisir quelle sorte de photo je veux faire. C’était mon but principal d’être photographe, mais ce n’est pas facile de faire les deux en même temps. La photographie c’est un autre type d’art, on peut montrer ce que ressentent les gens. Ca craint que je n’aie pas commencé plus tôt, surement car j’étais trop pris dans la musique.

U.M. : Que pensez-vous de la nouvelle génération des groupes de metal ? Est-ce plus commercial que ça l’était il y a 20 ou 30 ans ?

Sascha : D’après moi, rien de très excitant ne sort en ce moment. Tout le monde veut être une rock star ou photographe, tout le monde veut être tout en même temps. D’une certaine manière, c’est plus facilement réalisable qu’il y a 15 ans car de nous jours, tu n’as pas besoin d’être bon ou d’avoir nécessairement quelque chose à dire pour être dans l’industrie de la musique, et c’est nul. Je pense que c’est justement ce qui fait que quelqu’un est un artiste et c’est ce que j’essaye toujours d’expliquer. Faire de la musique c’est dur, ce n’est pas quelque chose que tu fais pour être cool, pourtant beaucoup de gens le font pour ça. Donc si tu regardes parmi les nouveaux groupes de heavy metal, tu en trouveras beaucoup qui font la même chose que nous pour être cool et je le sens. Je sais comment nous faisons nos albums, je sais d’où nous venons et je sais que nous avons de fortes personnalités dans le groupe. Nous sommes tous de forts caractères et nous avons des influences différentes. Par exemple Michael [Weikath ndlr], notre deuxième guitariste, n’est pas influencé par les autres groupes de heavy metal, il est plutôt influencé par le schlager allemand des années 60 [musique populaire ndlr] ; et si on voulait jouer ses chansons avec d’autres instruments, cela sonnerait complètement comme du schlager allemand et non comme du heavy metal. Prenons par exemple « Dr Stein » ; cette chanson sonne très heavy metal à cause des de la batterie et des guitares, mais ça n’est pas heavy metal. La plupart des nouveaux groupes de heavy utilisent des back horn [technique à la guitare], et je le dis parce que j’en connais plusieurs qui le font. (Sascha prend une voix différente pour imiter ces groupes dont il parle) « Oh, nous devons créer un groupe de heavy metal parce que c’est cool ! Je peux être le guitariste parce que je joue de la guitare depuis 5 ans ! De quoi d’autre avons-nous besoin ? D’un batteur qui sait jouer très vite ! Et d’un deuxième guitariste pour que nous ayons des mélodies doubles. D’un chanteur qui sait chanter très aigu aussi. Et enfin nous aurons un groupe de heavy metal ! ». C’est souvent comme ça que ça marche et ça n’est pas de cette manière que nous faisons de la musique car ça ne vient pas comme ça car nous ne planifions rien à l’avance. Tandis que ces groupes essayent d’être cool. Donc pour répondre à votre question, je dirais que je n’aime pas la nouvelle génération de heavy metal.

Bien sur il existe des exceptions, il y a des groupes qui sont très bons, mais souvent ils ne sont pas vraiment nouveaux, ils sont là depuis 10 ans mais personne n’en avait entendu parler avant. Si tu prends Avenged Sevenfold par exemple, tout le monde me parle d’eux en disant « Il y a un nouveau groupe super appelé Avenged Sevenfold, mais je crois qu’ils existent depuis 15 ans environ donc ils ne sont pas nouveaux.

Andi, qui est arrivé durant la réponse de Sascha, répond à son tour : Je ne vais pas catégoriser, c’est bon, c’est mauvais parce que ça n’est pas mon but. Beaucoup de groupes sont considérés comme nouveaux mais ne le sont pas en réalité. Il y en a que j’apprécie, comme Deftones qui ne sont pas nouveaux, ils se sont formés il y a 16 ans ou quelque chose comme ça.

Sascha : Oui, j’ai entendu parler d’eux il y a 19 ans.

Andi : Beaucoup de gens pensent que les nouveaux groupes sont nouveaux. Je me souviens d’une interview de Jonathan (Davis), le chanteur de Korn, c’était à la sortie du premier album du groupe, où il disait que Deftones s’étaient formés 5 ans avant eux, ce qui veut dire que Deftones est plus vieux que Korn. Korn a eu du succès rapidement, mais Deftones existaient déjà depuis plus de 10 ans, ils jouaient mais personne ne leur prêtait vraiment attention. Avant quand tu voulais te faire connaître il fallait que le groupe se débrouille à faire des concerts, maintenant c’est plus facile avec les supports comme MTV.

Sascha : Je ne pense pas que ca soit vraiment la nouvelle génération du heavy metal le problème, mais plutôt la nouvelle génération des jeunes qui veulent être célèbres. Ils veulent tous être importants.

Andi : Ce qui faut se demander, c’est : c’est quoi la nouvelle génération du heavy metal ? Du pop-rock metal ? Ou de la pop hard rock ? Si c’est notre futur, pourquoi pas. C’est plus populaire. Le problème aussi, c’est les jeunes qui écoutent des nouveaux groupes reprenant des chansons des anciens, comme Led Zeppelin, et comme ils n’ont jamais écouté la chanson originale, ils ne veulent pas croire que c’est juste une copie.

U.M. : Prêtez-vous attention aux critiques des magazines ?

Andi : Pas vraiment. Les journalistes critiquent toujours très durement les nouveaux CD, même si c’est leurs groupes préférés. Il y a rarement des articles objectifs, et intelligents concernant le groupe. Je ne m’attends pas à ce qu’ils disent « Voilà Helloween, les nouveaux dieux du metal !! ».Mais si je les lisais, je me serais déjà suicidé en 25 ans de carrière !

Sascha : Moi je lis de temps en temps les commentaires sur Myspace des fans, qui parlent de nos nouveaux CD. C’est intéressant, car ce sont des fans qui font ca. Je pense que c’est bien qu’ils le fassent.

U.M. : Qu’est ce que vous pensez du public français ? Vous en avez un bon souvenir ?

Sascha : Ils sont complètement fous !!! Vous savez que les français parlent pas vraiment anglais, mais en concert ils connaissent toutes nos paroles, c’est ahurissant ! Ca me donne la chair de poule.

U.M. : Vous avez fait une chanson avec Candice Night, la chanteuse de Blackmore’s Night, sur « light the universe ». Avez-vous apprécié cette expérience ?

Andi : Oui, au début nous ne savions pas vraiment qui nous voulions mais nous savions que cette chanson était parfaite pour un duo. Nous avions pensé à Candice Night, donc nous lui avons proposé l’idée et elle accepté. Donc pour moi l’expérience était parfaite, j’ai voulu faire une chanson plus profonde, pour les femmes etc. Candice est une personne adorable, cela n’aurait sûrement pas été aussi facile si nous avions fait cette chanson avec un homme (rires).

Sascha : Et sa mère (rires) !

Andi : Oui sa mère ! Sa mère est son manageur et ça n’est pas une très bonne idée. Elle manage sa propre fille, ce qui est deux fois plus difficile. Parce qu’être manageur s’est être toujours en colère, mais si en plus il faut manager sa fille… Candice est une personne vraiment adorable, facile à vivre, drôle, qui fait des blagues et qui rougit toujours quand on dit des choses sales (rires).

U.M. : aimeriez-vous le refaire avec une autre personne un jour ?

Andi : Cela dépendra de la chanson mais sinon oui bien sur. Si je pense qu’une chanson serait géniale avec une grosse voix de death metal (Andi imite un chanteur de death metal), ce que je ne sais pas faire, alors pourquoi pas demander à un autre chanteur de metal de le faire ! Mais je ne peux pas le prévoir à l’avance, c’est une possibilité qui se pose quand la chanson est terminée.

U.M. : Vous avez beaucoup de succès au Japon où votre maison de disque est très active. Quel genre de relation entretenez-vous avec ce pays ?

Andi : C’est le pays qui nous a toujours sauvé ! Je me souviens qu’au début des années 90, quand je n’étais même pas encore dans le groupe, ces idiots de MTV USA ont dit que le metal était mort ! Personne ne savait pourquoi mais MTV disait que le metal était mort seulement pour des raisons financières. Parce que seuls les groupes de hard rock et de metal n’étaient pas prêts à payer pour passer à la télévision. Pour MTV, le hard rock était en quelque sorte le plus gros style de musique donc ils devaient les passer. Mais ils ne voulaient pas le faire car les groupes de metal ne voulaient pas payer. Maintenant la plupart des groupes de nos jours qui ne passent pas sur MTV n’auront peut être jamais la chance de faire des concerts et de faire leur promotion car ils n’en ont pas les moyens, tout ce que nous voyons sont des marionnettes. Pour MTV c’était très important d’avoir le plus de groupes possible à faire payer. Ils ont juste dit « le metal est mort », donc n’étaient diffusés que du rap et tous ceux qui étaient prêts à payer. Je me souviens qu’à ce moment, le monde entier a cru que le metal était mort, excepté le Japon. Donc ils ne nous ont pas seulement sauvé nous, mais aussi tous les autres. Le fait que le reste du monde croit que le metal est mort, le Japon ne l’a pas cru. Le Japon a dit « Comment ça le metal est mort ? Fuck off and let’s do metal ! ». Le reste du monde croit à tout ce que les médias leur disent ; mettez-les devant la télévision et dites-leur que le blues est mort. Alors le monde entier arrêtera d’écouter du blues à cause de MTV. C’est stupide. Je ne sais pas ce que j’ai ressenti. Déçu n’est pas le bon mot parce que ça n’exprime pas vraiment le sentiment que je ressentais. MTV dit « Bla », les gens croient « Bla », MTV dit « hehehe », les gens croient « hehehe ». Le Japon nous a toujours sauvé car ils ne croient pas en ce que les médias disent, et je pense que c’était génial. Il y a des gens super là-bas.

U.M. : Connaissez-vous des groupes japonais ?

Andi : Oui, X Japan par exemple, qui sont très bons. Au Japon ils vendent des millions d’album, ils sont considérés comme des dieux !

U.M. : Oui, je les ai vus cet été dans un énorme stade et c’était incroyable !

Andi : C’était où ?

U.M. : A Yokohama.

Andi : Ah, Yokohama ! Loudness a en quelque sorte préparé le Japon au metal et au hard rock en japonais pour le public japonais. Mais ils n’ont jamais eu beaucoup de succès, les paroles sont en anglais car ils sont meilleurs en anglais [que X Japan ndlr], ce qui leur a apporté du succès à l’étranger. Ils n’auraient pas pu survivre au Japon, en fait ils « préparaient le terrain » ; quand X Japan a débuté, les gens étaient déjà plus ou moins préparés à ce type de musique pour un public nippon [X Japan chante en japonais ndlr]. Mais je préfère Loudness car ils ont fait quelque chose de nouveau dans un pays où le metal japonais n’existait pas, X Japan n’a eu qu’à se « fondre dans la brèche » (rires).

U.M. : Andi, après votre arrivée dans le groupe, Helloween a connu un grand succès, ce qui a mis fin aux tensions. Pensez-vous avoir apporté une sorte de paix au groupe ?

Andi : Il faut savoir que le groupe était presque mort. Ils venaient d’enregistrer « Chameleon » qui est je pense un bon album pop-rock, mais visiblement pour les autres membres c’était une déception. La tournée était un désastre, les gens ne venaient pas aux concerts, donc le groupe était comme détruit. C’est facile de ne pas faire pire que ce qui avait été fait. Les gens n’espérait pas que ca marche avec moi dans le groupe, mais en même temps ils voulaient quand même écouter. Et c’est exactement ce dont nous avions besoin. C’est la meilleure des promotions ! Les gens pensent que ça ne va pas marcher mais ils veulent quand même écouter. Mais dieu merci ils ont réalisé que le résultat était bon ! Je me souviens que deux semaines avant la sortie de l’album « Master of the Rings » dont nous faisions la promotion, nous étions disque de platine sans même que l’album soit en vente ! Juste grâce aux pré-ventes ! Nous pensions : « Wouah, what’s going on there ?! » (rires). Nous imaginions les gens qui avaient acheté l’album sans l’avoir écouté et qui finalement ne l’auraient pas aimé alors que nous étions quand même disque de platine (rires). Mais heureusement l’accueil fut génial. « Fantastique ! Magnifique ! Je m’en fous ! Incroyable ! » (en français ndlr)

U.M. : En 2007 vous avez fait un concert avec Gamma Ray où vous avez retrouvé Kai Hansen. Comment s’est passée cette rencontre ?

Andi : C’était une bonne idée, qui était née il y a déjà 6 ou 7 ans, mais ils enregistraient quand nous partions en tournée et nous en revenions quand ils commençaient la leur donc c’était pour le moment irréalisable. Mais finalement ils ont terminé l’enregistrement de leur album en même temps que nous, par conséquent cette tournée s’est imposée d’elle-même. C’était important pour certains, pour leur prouver qu’il n’y a aucune animosité entre nous car beaucoup de gens pensaient que nous étions en conflit et qu’on se détestait. Comme nous ne nous étions pas vus depuis quelques années, pendant cette tournée nous nous voyions presque tous les jours pour boire un iced coffee ou manger italien. Mais malgré tout, les gens continuaient de dire que nous nous détestions (soupire) fuck it ! (rires) Que pouvions-nous dire ? Nous leur disions que nous nous entendions très bien mais ils continuaient à dire le contraire ! La faute aux magazines une fois encore (rires).

U.M. : N’était-ce pas trop difficile de succéder à Michael Kiske ?

Andi : Vous avez raison, quand je dois chanter ses chansons c’est toujours étrange. Je peux les chanter à ma manière, ce qui est une possibilité, mais ça énerve les personnes qui veulent entendre le style plus opéra de Michael. Donc ce que nous faisons maintenant, c’est que nous essayons de jouer les chansons de Michael au début des concerts, quand ma voix me permet encore de chanter à sa manière. A partir du moment où je crie, j’ai du mal à avoir une voix claire par la suite. En composant nos set-list de cette façon, je pense que nous pouvons satisfaire un maximum de personnes.

U.M. : En 2007, vous avez enregistré « Gambling with the Devil » qui est dans la lignée des « Keepers », mais vous avez choisi de ne pas l’intituler comme tel parce que les gens vous auraient accusés de vous vendre. Pensez-vous que les gens ne voient que le côté commercial de votre travail ?

Andi : C’est toujours très facile de regarder les choses d’un point de vue commercial, et honnêtement je pense que beaucoup des décisions des groupes sont faites de ce point de vue. Beaucoup de gens pensent c’est toujours le cas, mais c’est faux. Il y a certainement des personnes autour de ces groupes qui doivent prendre des décisions de ce type ; parfois vous avez des problèmes quand vous suivez votre manager parce que vous vous dites « ce n’est pas une mauvaise idée, alors essayons ». Mais c’est vous qui êtes critiqué car c’est vous en tant que groupe qui avez suivit cette direction, donc vous avez pris cette décision. Parfois c’est difficile de dire « non » aux personnes qui ont dépensé de l’argent pour vous, qui vous ont offert un contrat, et de tout le temps leur dire « fuck off ». Parfois vous devez leur dire « oui ». Quelque soit la décision que nous prenons, nous sommes toujours tenus pour responsables et nous sommes les méchants aux yeux de tout le monde. Cependant, les gens qui travaillent peuvent nous comprendre : on ne peut pas toujours dire non, surtout en 25 ans d’activité !

U.M. : Quels groupes vous ont influencé quand vous avez commencé ?

Andi : KISS.

Sascha : Michael Schenker ; il est le petit frère du guitariste de Scorpions, Rudolf Schenker.

Andi : Mais Rudolf est plus populaire que Michael, qui est un génie mais aussi le plus drogué, c’est pourquoi il a tout détruit avec cette stupide addiction à la drogue. Mais cela n’empêche pas qu’il est un génie à la guitare. J’écoutais de tout. D’une certaine manière, je peux dire que j’ai appris à chanter de la manière dont je chante aujourd’hui grâce à Stanley de KISS, Rob Halford de Judas Priest, James Dio, qui a chanté mon album préféré quand il était dans Rainbow.

Sascha : Et j’ai une bonne histoire à propos de lui justement (en parlant d’Andi).Quand j’avais 16 ans, je vivais avec des amis à moi et ensemble nous avions formé un groupe. Nous avons découvert Pink Cream 69, qui était le groupe de Andi et Andi était l’une des nos plus grandes idoles. Nous avons accroché une énorme affiche de lui dans ma chambre, elle était trop grande pour être accrochée ailleurs donc nous l’avons mise dans ma chambre puisque nous aimions ce style de musique. Je ne pensais pas qu’un jour je jouerai avec lui dans un groupe.

Andi : Que puis-je dire ? Pauvre garçon ! (rire général)

Sascha : Mais personne ne peut imaginer ça ! Que j’ai eu un poster de toi, et que maintenant on joue ensemble !

Andi : Pauvre garçon ! (rires)

Sascha : Et des années après vous jouez avec les membres de ces groupes, c’est incroyable !

U.M. : Quel est votre meilleur moment avec le groupe ?

Andi : J’en ai déjà parlé tout à l’heure en fait ; j’étais en route pour faire donner une interview dans une radio, deux semaines avant la sortie de « Master of the Rings », donc l’album n’était pas encore en vente dans les magasins, et nous avons reçu cet appel nous disant : « Au fait, l’album est double disque d’or ! ». Nous étions à l’arrière de la voiture, un peu abasourdis, en nous disant que l’album n’était même pas encore en vente. C’était fantastique. C’est comme si quelqu’un te disait : « Au fait, tu as gagné à la loterie ! » (rires). C’est même mieux que ça car les gens l’écoutaient en boucle à la radio, c’était fantastique !

Sascha : Pour moi c’était en 2008, nous avions une pause pendant la tournée européenne, et je me suis réveillé un matin et j’ai regardé autour de moi, regardant toutes mes guitares, les CD que nous avions enregistré et je me suis dit « What damn good life! » ! C’était la première fois que j’ai pu réaliser où j’en étais et tout ce que j’avais fait ; parce que c’était quelque chose qui prend du temps avec toutes les tournées, les séances d’enregistrement en studio etc … C’est le meilleur moment que j’ai eu ces dernières années, de me réveiller un matin et de réaliser comme je suis heureux.

Andi : T’as réalisé ? (rires)

Sascha : Oui !

Andi : « Je me souviens qu’un matin je me suis réveillé en me disant « How shit is my life » ! » (Rires) (Andi fait semblant de se tirer une balle dans la tête) Tes derniers mots de l’interview : « Hey man ! (il mime à nouveau) » (rires) Pardon ! (rires)

U.M. : Avez-vous un dernier mot à dire à vos fans français ?

Andi : La France est l’un des premiers pays où nous avons joué quand j’ai rejoint le groupe. C’était à Paris, dans une petite salle, je crois qu’il n’y avait même pas 300 personnes car tout le monde pensait que le groupe était mort donc nous n’avons pas pu jouer devant beaucoup de gens mais années après années, nous sommes devenus un plus grand groupe. La France est un public très fidèle, ce que j’aime, nous devons nous battre mais les gens savent en quelque sorte quand nous en valons la peine ou non. Donc d’années en années nous jouons devant un public de plus en plus grand. L’année dernière nous avons rempli deux fois à l’Elysée Montmartre, ce qui est whoua, fantastique ! Et nous jouons dans plusieurs villes également ! Cette fois nous irons même à Lyon, nous avons déjà été à Marseille et Nice et nous aimerions jouer à Lille ou quelque chose comme ça, pour jouer dans des villes comme Marseille, Nice, Dijon, Nantes ? On veut jouer partout !

Sascha : Bourge !! (rires)

Andi : (en français) La grande nation !

Sascha : Je suis certain que maintenant les gens aiment les groupes allemands grâce à Tokio Hotel ! (éclat de rire général) Heureusement nous avons joué en France avant !! (rires)



Pour conclure cette interview, il faut dire que, même si comme le dit Andi : « le groupe se fait vieux », les petits jeunes peuvent avoir du souci à ce faire !

Vous pourrez retrouver Helloween lors de 2 dates en France : le 11 janvier 2011 à Paris (Élysée Montmartre) et le 12 janvier à Lyon (Le Transbordeur).

Interview réalisée par Déborah Nouet et Morgane Le Marchand

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